• Consultations sur RDV
  • Sans complaisance
  • A distance
  • A domicile
Accueil » Blog » Texte psychographié : Vie terrestre, progrès humain

Texte psychographié : Vie terrestre, progrès humain

Publié le 29 mai 2022 à 08:54

 

 Le progrès s’effectue comme une marée, chaque vague, après s’être avancée, recule, puis revient en avançant davantage. Ainsi a été et est le progrès humain. La vague qui a amené le progrès des anciens a reculé, parce qu’il n’y a pas eu de conservateur pour la retenir. Cette vague a fait place à d’autres qui se sont reculées également, mais la marée a avancé quand même et, avec elle, le progrès s’est fait ! Si on ne connaissait pas ce principe, on se demanderait pourquoi chaque être n’accomplit pas son perfectionnement dans une seule existence qui serait aussi longue qu’il le faudrait, au lieu d’en avoir un grand nombre, destinées chacune à faire le mouvement évolutif et involutif. S’il en est ainsi, c’est qu’un ouvrier ne peut pas, à lui seul, construire toutes les parties d’une maison. L’homme, pendant l’incarnation, forme sa partie spirituelle supérieure, mais il a, comme antagoniste, sa partie spirituelle inférieure, c’est à dire ses défauts et ses mauvais penchants. Lorsqu’il a fait, avec ses matériaux, tout le travail qu’il pouvait accomplir, il va se reposer, puis il reprend la vie, débarrassé de la partie la plus grossière de sa spiritualité.

Les qualités et acquis qu’il apporte en incarnation ne sont pas encore bien purs, mais, au lieu d’avoir des défauts, il ne revient qu’avec des imperfections qui forment, à leur tour, la partie inférieure de sa spiritualité. Or, il en est pour tout ainsi: le même peuple ne peut arriver à l’apogée, parce que la terre est un monde imparfait qui n’engendre pas la perfection, et que les hommes arrives à un certain degré n’y reviennent pas. Et c’est pourquoi l’excès de civilisation conduit à la décadence, comme l’excès de génie conduit à la folie.

Que penser du recul du temps présent ? C’est une époque de transition pour arriver à retourner vers l’idéal. Comment cela ? Lorsqu’on aura examiné en tout sens le grand problème de la question sociale, on verra que la cage est grillée et ne s’ouvrira que devant l’espace peuplé d’idéal, qu’il faut que chacun se recule un peu pour faire une petite place à celui de ses frères qui n’en a pas, et qu’ainsi il n’y ait plus de parias ni de malheureux privés de s’asseoir à la table à côté de ceux qui ont à manger tous les jours, en un mot, il faudra qu’on lève de nouveau les yeux avec une aspiration vers l’au-delà, afin que le socialisme ne soit plus régi par un code, mais que ce soit une question individuelle.

Je vous annonce votre amie Emilie. Cette amie, que vous aimiez tant dans son incarnation, vous dira combien elle se félicite d’avoir eu ses idées humanitaires et progressistes. Durant sa vie, sa pensée a toujours été fixée sur l’avenir de la race humaine, et elle a profondément creusé la question du bien social et de l’amélioration possible des différentes catégories d’êtres incarnés, cherchant dans son esprit les moyens de combler les intervalles énormes qui les séparent les unes des autres, et d’engager les grands à se passer d’un peu de superflu et à regarder en eux-mêmes pour améliorer le sort des petits, en reconnaissant qu’entre les deux castes, il n’y a pas l’écart immense qu’ils croyaient exister. Elle continue dans nos sphères son œuvre pacifique et libérale, et son âme généreuse veut demeurer près de la terre jusqu’à ce qu’elle ait obtenu un résultat préliminaire permettant à d’autres humains de construire, sur les bases établies par elle, le monument qu’elle veut voir élever pour 1e bonheur et l’avenir moral des frères laissés en souffrance. Tu es toujours socialiste ? Plus que jamais. Et nous le sommes tous ici, les bons et les avancés. Je suis comme toi, et tu peux penser combien je suis triste de voir ceux qui m’entourent si différents de nous !… Ils voient les choses d’après l’esprit du siècle incarné, c’est à dire qu’ils considèrent le socialisme comme il est compris, mais pas comme il doit être. Le socialisme est, sur la terre, un progrès à l’état de chrysalide, et, chez nous, c’est une merveille.

Malheureusement, les Esprits ne sont pas encore prêts pour  en recevoir les enseignements. Il y a encore trop d’âmes basses et viles, trop de bestialité et d’amour du lucre, pour que tout soit pacifique et droit, mais il faut cultiver le terrain pour qu’il produise la première récolte, la mauvaise. La moisson fauche les générations qui sont sorties de cet enfantement et les remplace par une seconde, puis une troisième, meilleure que les précédentes, et c’est ainsi que le progrès s’implantera et fera, dans la suite, naître le vrai socialisme spirite.

Les découvertes modernes, « en créant de la science et du bien-être, permettent-elles à la conscience humaine, libérée de trop durs soucis matériels, d’évoluer, de devenir meilleure ? Oui. Rien n’empêche l’âme de s’élever comme d’être forcée à se soumettre aux vulgarités de l’existence, ou à trop se préoccuper du côté matériel de cette existence. Le progrès est difficile à apprécier pour les êtres d’une époque, parce que la comparaison de ce qui existe dans leur âge mûr avec ce qu’ils ont connu aux temps de leurs jeunes enthousiasmes, est favorable au passé.

Le progrès s’effectuant tout doucement, on ne s’en aperçoit guère et on est en sa présence, comme vis à vis de la personne avec laquelle on vit journellement et dont on ne perçoit pas le changement physique et moral. Si, cependant, vous vous avisiez aujourd’hui de feuilleter un livre d’histoire non pas cette histoire apprise dans l’enfance et qui ressemble à un recueil de dates et de faits arides, mais une de ces chroniques du temps qui s’occupent beaucoup plus de l’état social et moral d’une époque que des guerres et de la chronologie précisément parce qu’on suppose que ceci a été appris dans la jeunesse ; si vous lisiez un de ces livres, vous seriez bien forcée d’avouer qu’on a beaucoup progressé, et vous seriez frappée de la cruauté et de la vilenie du peuple d’autrefois, aussi bien dans les grandes classes que chez l’artisan ou l’homme des champs. La vérité, c’est que le progrès lui-même réclame de nouvelles lois, de nouvelles méthodes, précisément parce que, ainsi que vous le disiez tout à l’heure, on est plus sensitif, plus impressionnable, plus intelligent. Les enfants sont beaucoup plus avancés qu’anciennement, et cela s’explique puisque, plus le temps marche, plus l’humanité vieillit et plus l’enfant qui a vécu plus longtemps que les enfants des siècles reculés, a, tout jeune, des réflexions d’homme.

Vous m’objecterez peut-être que l’éternité veut l’âge pour tous, et qu’autrefois il y avait également des enfants ayant vécu très souvent, mais je vous ferai observer que, si l’éternité existe pour l’univers, elle n’existe pas pour la terre qui a eu un commencement d’humanité tout comme elle aura une fin, et que les hommes appelés jadis à vivre à sa surface ne pouvaient être ni aussi intelligents ni aussi instruits qu’aujourd’hui, que leur conception était forcément bornée puisque leurs existences ne leur avaient servi qu’à apprendre une très petite part de science, les secrets de la nature n’étant pas encore découverts. La planète progresse elle-même, et elle servira, plus tard, d’asile à des êtres plus évolués. 

 

As t on raison de dire que la sainteté se démocratise, d’exceptionnelle devenant presque banale ? Oui. Il est certain que la sainteté est devenue beaucoup moins rare. On peut même dire que les saints pullulent ! Saints de laboratoires qui exposent leur vie, saints de fonctions publiques, saints de toutes natures, charitables êtres qui fondent des œuvres et y dépensent leur temps et leur fortune, apôtres bienfaisants comme M. F. Desmoulin, etc..! Enfin, la moyenne de l’humanité est bien meilleure ; mais la terre ne peut cependant être qu’une planète médiocre, une planète où des êtres mauvais viennent se perfectionner. A tous ces saints instructeurs et bienfaiteurs, il faut des élèves, c’est pourquoi il y aura toujours sur terre des incarnations basses et malfaisantes. Que ces incarnations se multiplient, cela n’a rien d’étonnant puisque l’autre partie de l’humanité est meilleure, plus intelligente, et, par conséquent, plus capable de faire évoluer les arriérés.

En attendant, il est certain que la justice n’existe pas dans ce monde ? Si, à longue échéance. Je vais vous expliquer une chose : La justice n’arrive pas dans ce monde pour les récompenses parce que, lorsqu’on en mérite une vraiment grande, il serait impossible de la donner telle qu’elle doit être dans un monde aussi imparfait que la terre mais, pour les punitions, c’est plus facile de  les trouver, au milieu de tant de méchancetés et d’imperfections humaines. C’est pourquoi, si l’on n’est plus souvent récompensé sur terre, on est souvent puni, pendant longtemps mais pas jusqu’au bout, généralement. L’être qui aura à souffrir de l’injustice est, le plus souvent, un humain bon et qui vient achever son perfectionnement.

Comme tel, il aura une tendance à supporter beaucoup, à croire le bien et à ne pas se méfier. Cela précisément parce qu’il est incapable d’une action mauvaise et ne pense pas pouvoir en être victime. Un tel être est toujours la proie des méchants et des trompeurs. Les mauvaises humeurs causées par toutes ces misères de la terre n’empêchent pas d’avancer ? Non. Cela irrite sur le premier moment, mais c’est tout de même une preuve d’avancement de souffrir, parce que ceux dont l’âme n’est pas avancée n’auraient pas choisi ces épreuves. Ce que vous dites là est tout le contraire de ce qu’enseigne la théosophie, qui prétend que toute vie est d’accord avec le « Karma » de celui qui la subit ! Oui, mais les théosophes ne sont pas les spirites, la doctrine spirituel est bien différente ! Les théosophes ne veulent admettre que l’expiation, tandis que les spirites savent qu’on ne vient pas sur terre comme un forçat pour purger une condamnation, mais comme un courageux pionnier à la recherche de la gloire pour lui-même et du bien pour ses frères.

Que ferait-il, cet être, à rester inactif dans le repos de l’erraticité ? Il vaut mieux pour lui qu’il vienne combattre corps à corps avec les tentations et les difficultés de la vie terrestre, qui doivent lui servir à vaincre les penchants de la matière et à acquérir de nouvelles vertus morales. On n’avance pas autant désincarné qu’incarné. Les bonnes résolutions qu’on a eues en mourant peuvent aider, mais cela ne suffit pas. Vous me dites quelquefois qu’on progresse peu dans la vie, c’est une erreur : on progresse beaucoup. Quelquefois, en vieillissant, il semble qu’on aille à reculons, parce qu’on est aigri et découragé, mais le progrès est fait, on a fait germer de nouvelles vertus, et, à la réincarnation, on reprend ces germes et, avec eux, on achève le progrès ébauché. Il est donc vrai que les actions d’une vie ont leur répercussion fatale dans la vie suivante ? C’est-à-dire que, comme on a toujours à progresser, on renaît pour se perfectionner dans les qualités non encore acquises. Puis, les situations différentes que l’on occupe et les hasards sans nombre, font dévier les conséquences et présentent souvent des cas qui modifient votre manière de voir et vous donnent une plus entière et profonde justice, un jugement plus sain.

On ne conserve pas alors certaines idées erronées qui vous poursuivent quelquefois pendant toute une vie, que l’on prend à quinze ou vingt ans, grâce à un événement fortuit, et qui vous font juger les hommes et les choses de la même manière à soixante ans, sans qu’on ait pu les modifier en quoi que ce soit. Il faut oublier avant de reconstruire une opinion plus saine qui sera, cette fois dictée par des états différents et des hasards tout autres que ceux qui ont dicté le premier jugement.

Jusqu’à l’arrivée de ce progrès universel que vous nous faites toujours espérer, comment faut-il prendre toutes ces choses, politiques et autres qui me vexent tant ? IL faut prendre ces choses philosophiquement, c’est-à-dire qu’il ne faut pas s’arrêter en chemin pour regarder les grimaces de l’humanité il faut dédaigner les raisons des entraveurs et ne pas se laisser détourner, sans quoi on ne peut atteindre le but poursuivi. Votre but, c’est le progrès et le bonheur de l’humanité. Il ne faut pas se ranger à l’opinion de ceux qui ne veulent pas marcher vers le progrès, il faut des générations pour secouer la poussière des vieilles idées. Vous êtes parmi ceux qui regardent vers l’avenir et cherchent, pour leurs frères incarnés, le progrès et le bonheur, mais, à côté de vous, chemine un monde d’esprits rétrogrades, qui entravent les nouvelles idées et en empêchent la prompte éclosion.

Etre philosophe, n’est-ce pas être ami de la sagesse ? Or, la sagesse, c’est de ne pas faire comme le meunier de La Fontaine et de marcher vers son but, sans s’inquiéter des remarques et du non avancement des autres. Trouvez-vous que je devrais souvent parler plus énergiquement ? Oui, vous auriez raison. Avec les loups, il faut montrer les dents. 98 Charles dit cela aussi ? Oui. C’est ainsi que vous prêchez la paix ?

La paix ne consiste pas à laisser manger les brebis par les loups, elle entraîne avec elle une grande idée de justice qu’il faut savoir faire respecter. Il est difficile de savoir jusqu’où aller ? Non, c’est très facile au contraire. Il suffit de voir jusqu’à quel point on peut se défendre sans faire souffrir les autres, injustement, car si le méchant souffre, c’est qu’il est méchant. Faut-il croire, comme le dit le Lotus à propos de Nietzsche auquel il ne donne pourtant pas raison que nul ne peut assigner des limites à la volonté humaine ? La volonté, en effet, peut faire des prodiges, mais l’évolution humaine n’est pas au point voulu pour que cette volonté puisse s’exercer dans sa plénitude, et il faudra encore beaucoup de générations, avant d’en arriver là. En attendant, il est très bon d’exercer sa volonté autant que possible, mais celui qui voudrait arriver maintenant à être un surhomme, n’arriverait qu’à la folie. Quand une marmite de terre bout trop fort, elle se fend, il faut qu’elle soit en métal solide pour résister, et, la preuve, c’est qu’on n’a pas encore alimenté les usines avec des chaudières en terre.

Eh bien, le cerveau humain, qui a déjà beaucoup progressé, n’est encore qu’une marmite de fonte ; attendons qu’elle soit d’airain pour produire la volonté suprême qui portera l’homme au-dessus des moyens et des forces humaines. Vous êtes cependant d’avis qu’on devrait développer beaucoup plus sa force de volonté ? Oui. Il est bon de développer sa volonté, car on peut s’en servir très utilement, et je dirai même que le seul moyen d’arriver à quelque chose dans la vie, c’est de vouloir suffisamment la réussite pour que cette réussite s’impose. Mais il y a un monde entre la volonté créatrice des forces fluidiques, dont on a besoin et qu’on ne recherche pas assez, et la volonté employée à modifier le cours d’une des manifestations de la vie et de la nature, comme le font les fakirs hindous. Il est très possible et utile de se créer, par sa volonté, des fluides qui vous entourent et vous plongent dans une ambiance destinée à vous faire vaincre une difficulté ou sortir d’une impasse, mais il est inutile d’arrêter le cœur, de tarir une source ou de faire éclater la foudre, comme de faire pousser une plante. Ces hindous, pour acquérir cette force de volonté, jeûnent, se privent, arrivant ainsi à séparer l’esprit de la matière. Plus ces deux facteurs sont unis, collés ensemble, si je puis m’exprimer ainsi, moins il est aisé de produire le commandement de l’un s’érigeant en maître sur l’autre. Plus l’esprit se dégage de la matière et plus il devient puissant mais, comme il se trouve dans une condition anormale à la vie terrestre, il est rare qu’il reste bien équilibré, et cette scission, cet éloignement de l’esprit laissant le corps trop séparé de sa prépondérance et de sa cohabitation, produit le déséquilibre moral et la folie.

 

En un mot, si le grand maître de l’univers a voulu que notre esprit habite un corps charnel pendant les incarnations, s’il a voulu qu’esprit et matière ne fassent qu’un et que chacun à son tour soit obligé de faire des concessions à son compagnon de route, c’est que cette grande intelligence savait que les conditions d’habitabilité de la terre forceraient l’esprit à se plier à cette collaboration, et à ces concessions réciproques. Il n’a vu aucun mal, au contraire, à ce que l’esprit, devant continuer son évolution, fasse beaucoup la loi à son compagnon, mais il réprouve ceux qui défont son ouvrage ou en altèrent la merveilleuse homogénéité, en cherchant à faire remonter dans l’au-delà cet esprit, cette âme qui est venue sur terre accomplir un travail dont elle ne peut se tirer avec honneur et profit que si elle se soumet aux exigences du corps qu’elle anime et aux habitudes terrestres.

 

Agir autrement, c’est méconnaître sa voie, c’est errer complètement, et ne pas remplir la mission pour laquelle on est venu sur terre, car, si le corps est débile, l’esprit déséquilibré, on ne peut pas coordonner ses actes, la responsabilité même est en échec, et l’individu névrosé qui devient la proie du magnétiseur ne peut même plus invoquer le sentiment du libre-arbitre, puisque n’importe quelle volonté peut souffler sur ce libre-arbitre et l’effeuiller aux quatre vents ! 99 Ces pratiques affaiblissent le corps et déséquilibrent l’esprit, et je prétends que tous ceux qui s’imaginent arriver ainsi à cette puissance merveilleuse de la volonté devant les rendre des êtres presque divins, sont coupables, car, pour un être dont la raison résiste, il y en a des centaines qui sombrent, et le but qu’ils atteignent est absolument contraire à celui qu’ils désiraient. Nés et créés pour la terre, pour une période plus ou moins longue, il faut accomplir cette période normalement et humblement, sachant qu’on n’est ni des dieux ni des messies, et qu’on doit vivre en incarnation de la vie de tous les incarnés, sans chercher à s’élever au-dessus de ses frères, à les terrasser, à les écraser de son mépris, en leur disant: « Je sais et je suis un envoyé céleste ! »

 

Le vrai progrès, celui qui est toujours à notre portée, que nous soyons incarnés ou désincarnés, c’est de savoir rester parallèlement aux autres, sans chercher à les dominer de sa raison ou de son intelligence, admettre les idées de ceux que l’on frôle, admettre le progrès d’une âme marchant à côté de la sienne, sans croire un instant que ce progrès est un blâme adressé à soi-même, ou une opposition destinée à faire pâlir l’intelligence que l’on possède et l’acquis que l’on a accumulé. C’est en cela que les incarnés doivent faire le plus sensible progrès, car, chez nous, on reprend son véritable âge, on se débarrasse des dominations entravantes, et nul ne peut empêcher son voisin d’évoluer à sa guise, puisqu’on a secoué le lourd et encombrant manteau des convenances, de la hiérarchie terrestre et des préjugés humains. Le penseur, qui est venu chercher souvent l’expérience en incarnation sur la terre ne juge pas la généralité sur quelques cas isolés. Celui qui a vécu un grand nombre d’existences sait au juste ce que nous appelons la morale et quelle part on devrait lui donner ici-bas.

 

Il s’éloigne peu à peu des préjugés qui, pour nous, n’existent plus, et que nous ne regardons à votre point de vue, que comme une sauvegarde vis-à-vis de la société à laquelle vous appartenez. L’être humain instruit et expérimenté, qui aura vécu au milieu de toutes les catégories d’incarnés, saura qu’il y a moins de méchanceté que de souffrance révoltée dans l’âme des terriens, et il comprendra quel admirable parti il peut tirer de sa propre expérience, en semant autour de lui l’espérance et la consolation, et en prodiguant la pitié et la charité qui allégent le cœur de l’amertume distillée au fond de l’être souffrant. Enfin, il ne sera plus le justicier rigoureux, ne sachant que blâmer et punir, il saura être l’apôtre bienfaisant qui aime à plaindre et à guérir. C’est ainsi que, tout doucement, les générations s’ajouteront aux générations pour aider les âmes à gravir les échelons qui conduisent au bonheur que nous sommes tous appelés à goûter. L’arbre est planté par le père, et les fruits récoltés par les fils ; la vie, le progrès, ne sont pas contenus dans l’espace de quelques années, mais tout marche, et ce que nous n’aurons pas constaté de nos yeux matériels, ce que n’auront pas touché nos mains de chair, nous en aurons connaissance plus tard. Nous continuerons à assister au progrès, non plus comme le combattant acharné, tantôt joyeux, tantôt désespéré, mais comme l’Esprit paisible qui a vu s’élargir le champ visuel de son âme, et qui, tout en se souvenant du passé, voit le présent et pressent l’avenir, le tout fondu dans le merveilleux ensemble qui est la signature de l’Etre suprême.

 


«   »

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.