• Consultations sur RDV
  • Sans complaisance
  • A distance
  • A domicile
Accueil » Blog » Chez eux : perception des esprits

Chez eux : perception des esprits

Publié le 18 mai 2022 à 08:49

 

QUESTIONS/REPONSES (de la part d'un esprit)

 

A-t-on raison de dire que l’au-delà n’est pas un lieu, mais une sensation ?

c'est vrai, car la sensation peut être différente dans le même lieu, il est certain que si, autour de vous, à côté de moi, il y a des Esprits très peu avancés, leur sensation est toute différente de celle que j’éprouve, bien qu’à la minute précise nous soyons dans la même sphère, mais la différence existe en ce que, si je suis dans l’ambiance de la terre, ce n’est que volontairement, et que j’y conserve un état d’âme très supérieur. Il faut comprendre que je peux m’élever au-dessus de la sphère terrestre, tandis que les Esprits inférieurs ne le peuvent pas.

 

 

Le mot au-delà n’est-il pas un peu impropre ?

IL n’est pas impropre: au-delà de la vie, telle est la signification. On parle de l’endroit où vous êtes en disant: « là-bas ? » Cela ne fait rien, parce que « là-haut » est aussi un terme impropre. Ce n’est pas plus haut, c’est ailleurs, et ce n’est plus haut que par rapport à votre position terrestre. Il n’y a ni haut ni bas dans l’infini, et, si nous nous servons de ce terme, c’est pour nous mettre à votre portée, afin de ne pas invoquer toute la science extra-terrestre qui nous a enseigné les lois de la gravitation. Disons, si vous voulez, que là-haut et là-bas sont des termes fictifs destinés à vous faire comprendre une distance qui n’est franchie que par notre électricité jointe à celle des mondes, la gravitation étant une question d’électricité.

 

Est-il exact de dire que, seule, la certitude mathématique est capable de fournir un élément de conviction sur tout ce qui concerne l’au-delà ? Cela dépend de ce que l’on entend par certitude mathématique. Si on fait entrer en ligne de compte tout ce que ces Messieurs ignorent, oui, en effet, c’est la seule chose probante, mais, ces calculs-là, ils seraient bien embarrassés pour les mettre d’aplomb, attendu que l’un des facteurs, les calculs de l’univers astral leur manque. Je suis sûre que tout le système est, en somme, très simple, et composé d’une ou deux lois qui embrassent tout ? Oui, c’est si simple, et cela semble si difficile à comprendre tant que l’on est sur terre !

 

Cela vous semble tout simple, à vous ?

Oui.

 

C’est un ensemble dont il suffit d’avoir une clef pour tout ouvrir ?

 

Oui, mais, cette clef-là, il n’y a pas de serrurier incarné qui puisse la fabriquer à votre usage.

Vous ne pouvez pas nous expliquer cela ?

Non, parce qu’il faudrait partir d’un principe qui vous est inconnu. C’est comme si vous vouliez expliquer la musique à un sourd qui, pour s’en faire une idée, aurait besoin de pouvoir se rendre compte de ce qu’est un son ou un bruit.

 

Alors, quand on arrive où vous êtes, on comprend tout à coup ?

 

Oui.  Les deux mondes ont énormément de rapport, mais il est certain qu’il y a cependant des choses ignorées de vous et dont nous ne pouvons pas vous parler, puisque cela ne répondrait à aucune des choses connues dans votre monde. Le monde de l’au-delà est plus semblable au vôtre que l’auteur ne le dit, mais il suffit d’un point différent pour que tout devienne incompréhensible.

 

Les descriptions de l’au-delà données sont-elles exactes ? 

En matérialisant le monde spirituel, nous n’avons besoin ni de chrysocale ni de temples d’or et de rubis. La réalité de l’au-delà est plus magnifique, dans sa simple grandeur, que tous ces tableaux produits par l’imagination humaine. L’espace, avec ses splendeurs divines, est notre demeure. Rien ne sautait être comparé aux jouissances que donne son libre parcours. Ni le temps, ni la distance ne nous arrêtent, et c’est pour nous, qui nous souvenons des chaînes terrestres, une joie sans cesse renouvelée que cette liberté sans entraves.

 

Est-il vrai « qu’on peut déduire de ce fait qu’au moment où se produit une des matérialisations , celle-ci perd de son poids, que l’action de la pesanteur est liée non seulement à la partie dite matérielle du corps, mais à cette partie, disons fluidique qui, dans certaines conditions, peut s’extérioriser ? 

 

Oui. La matière pèse davantage, et, la preuve, c’est qu’un cadavre pèse presque autant qu’un vivant, mais ce qui s’extériorise, c’est le fluide, dont le poids n’est absolument vérifiable que dans notre atmosphère, et, comme cette atmosphère est très différente de la vôtre, c’est ce poids qui fait tomber le corps dans notre plan en le séparant du vôtre. Cela fait une densité différente qui s’accorde avec notre atmosphère, au détriment de la vôtre. C’est ainsi que se reconstitue l’être psychique tel que nous le voyons dans nos sphères.

 

Dites-moi sous quelle forme vous vous voyez les uns les autres ?

Sous la, forme de l’enveloppe périspritale, qui nous permet de nous reconnaître. A travers la succession des vies, notre périsprit se modifie légèrement, mais, cependant, conserve un type qui le suivra dans toutes ses incarnations. Il suffit donc que, dans l’espace, nous rencontrions un ami pour que sa vue fasse revivre en nous des souvenirs, des émotions, qui donnent immédiatement à notre physionomie l’expression connue dans l’incarnation où nous étions avec l’ami rencontré.

 

N y a-t-il pas des modifications résultant de l’âge auquel on s’est désincarné ?

On a un type qui se poursuit avec des différences d’âge ou d’aptitudes, de moralité, d’intelligence, mais, en somme, c’est le même type, et, si un Esprit est mort enfant, il lui suffira de se retrouver en la présence d’un Esprit connu pour que, sa pensée se reportant à cette époque, il reprenne le physique qu’il avait alors.

En somme, chacun, en arrivant où vous êtes, vous reconnaît comme il vous a connu ?

Oui, mais l’Esprit a, dans l’espace, dès qu’il est désincarné et heureux, un type plus affiné que ce qu’il était dans la matière. La forme des traits est la même, mais plus délicate, ce qui fait dire aux voyants qu’ils ont vu un tel plus beau et plus jeune. Des qu’il est désincarné, l’Esprit reprend son enveloppe-type, débarrassée de ses imperfections et des souillures de la matière, et il la reprend à l’âge de l’apogée, c’est-à-dire l’âge où l’on est dans la plénitude de ses facultés, car ni l’enfance, ni la sénilité, ne peuvent donner l’idée d’un être parfait. Nos organes, nos sens, revivent dans notre pensée, quand nous sommes désincarnés par conséquent, nos organes sensuels sont devenus inutiles. Il nous reste le meilleur, c’est-à-dire la pensée, la réflexion, et la concentration de tout ce qui s’exhalait au dehors par les organes des sens. Mais nous avons toujours notre périsprit, par conséquent, nous conservons toute notre apparence physique. Nous avons seulement, en moins, la matérialité charnelle et un peut bestiale dont on a tant à souffrir sur terre.

Est-il vrai que le corps astral est coloré en blanc bleuté ?

Ceci est une question de vibrations c’est, du reste, le langage des couleurs et des images qui nous sert beaucoup. Vous savez bien reconnaître, par vos médiums voyants, la qualité et l’élévation de l’Esprit d’après sa luminosité et sa couleur.

Quelle mine avons-nous quand nous allons vers vous ?

Vous reprenez votre mine d’Esprit, nous vous voyons tels que vous êtes, mais spiritualisés, comme l’est tout corps éthéré, comme vous serez quand vous aurez aussi franchi la frontière et nous aurez rejoints dans le monde des désincarnés. Vous êtes vêtus de fluides, comme les Esprits.

Il est donc indifférent de rapporter là où vous êtes un vieux ou un jeune périsprit ?

C’est l’âge mûr qui est considéré comme l’apogée.

Si on meurt vieux, a-t-on là-haut un périsprit vieux et vilain, comme ce qu’on était devenu sur terre?

Non, on revient à l’apogée. Une vie humaine, c’est une échelle. Il faut se faire, si je puis m’exprimer ainsi, acquérir son moi, sa supériorité, son apogée. On emploie à ce travail l’enfance et les premières années de la jeunesse, puis, arrivé à ce point, on commence à descendre tout doucement vers la désincarnation. Je parle du corps. Entre la naissance et l’âge mûr, il y a, pour le corps physique, croissance et développement, puis après, peu à peu, le corps se fatigue, il commence à s’user, à déchoir, et à préparer ainsi sa désincarnation.

Aussi reprend-on là-haut le physique de l’apogée, celui qu’on est venu façonner sur terre, on revêt l’enveloppe de l’œuvre achevée, et non de l’œuvre ébauchée ou en décrépitude. Quant à l’âme, c’est autre chose, l’âme peut progresser encore longtemps après l’apogée physique, mais ceci est une question d’avancement, car l’âme qui a une force morale très grande peut, en dépit d’un corps qui s’use, rester grande et commander à ce corps, le dominer complètement, tandis que l’âme chargée d’un tout petit bagage d’acquis ne peut le mener au delà d’une certaine période, et, quand son cerveau débile ne la sert plus, n’étant pas suffisamment immatérielle pour puiser sa force en elle-même, elle suit les impulsions déréglées de ce cerveau, et s’atrophie. Quelquefois aussi, c’est une cause de maladie qui, ayant miné le corps, a ainsi emprisonné l’âme dans une enveloppe insuffisante.

N’y a-t-il pas injustice, si le type reste le même, à ce que les uns soient toujours jolis et les autres toujours vilains ?

Les vilains ne sont pas toujours vilains, ils ont un type qui, en se déformant dans la matière ou dans un moule de parents vilains, peut produire, en effet, un être pas beau du tout, mais cette laideur ne sera qu’une déformation du type. Cet être, une fois mort, sera débarrassé de sa déformation et reprendra son type initial. IL ne reprendra sa laideur que quand il aura à se faire reconnaître d’un être connu dans l’incarnation correspondante, mais il lui apparaîtra singulièrement embelli. S’il a à s’incarner de nouveau, il le fera en rapportant son type de l’espace, et, cette fois, si la matière qu’on lui prête n’est pas issue de vilains parents, il pourra être tout à fait joli garçon.

Dans l’espace vous êtes donc tous jolis ?

Bien, de figure agréable et harmonieuse. Puis, le type s’affine aussi par la perfection. Dans la première incarnation humaine, on a un type obtenu par un mélange de la dernière incarnation animale avec les premiers parents humains cela donne le type qui sera poursuivi et affiné par la progression, mais cette perfection du physique n’est appréciable et remarquable que chez l’Esprit alors qu’il est dans l’espace, car, en incarnation, on peut être, quelquefois, laid tout en étant un être avancé ; cela vient alors de ce que, pour avancer davantage et se défaire d’un défaut de vanité ou de fatuité, l’Esprit a désiré s’incarner chez des parents dont le physique a dû aider à la déformation du type. Mais, dans ce cas-là, l’avancement de l’Esprit se lira quand même sur le visage de l’incarné, et c’est ainsi que, souvent, des hommes laids ne vous semblent pas aussi disgraciés de la nature, parce qu’ils ont une sorte de bonté, ou de distinction, on d’intelligence dans la physionomie, tandis qu’un être beau garçon, mais primitif, peut vous sembler affreux. Les Esprits qui prennent des années et semblent obéir encore à la croissance matérielle, sont des Esprits qui restent attachés à leur enveloppe odique, et tels sont ceux vus par les personnes qui, ayant perdu leur enfant, le retrouvent à un âge plus avancé que celui de sa désincarnation. L’évolution d’une âme ordinaire dans l’au-delà est une chose impossible ; il faut la terre, ou une planète analogue, pour apprendre, car l’au-delà est une sphère de repos, faite pour méditer, reprendre des forces en vue d’un élan à donner pour monter encore plus haut, toujours plus haut. L’âme n’y est pas assez soumise aux difficultés ; on évite trop facilement les rencontres fâcheuses ou antipathiques, on ne s’y forme pas, en un mot. On peut y progresser quand on est déjà très évolué, parce qu’on s’affine, mais il en est un peu pour l’âme comme pour l’ouvrier qui a besoin de travailler grossièrement la matière avant de faire du travail de détail, s’il commençait par là, si on lui montrait un objet à embellir avant que son goût ne soit formé et ne sache reconnaître les minuties de l’art, il regarderait cet objet et n’y trouverait rien à faire ce qui existerait lui paraîtrait suffisant. Il faut donc le dresser d’abord à exécuter des formes rudimentaires, grossières, puis peu à peu plus soignées, avant qu’il comprenne toute la finesse qu’on peut ajouter à une oeuvre pour la parfaire. L’âme est aussi une ouvrière qui doit venir apprendre l’ébauche sur terre avant d’être enveloppée des fluides de perfection qu’on peut trouver dans l’au-delà.

 

Les désincarnés qui ont été hommes dans leur dernière incarnation, ont-ils une apparence barbue où vous êtes ?

Naturellement.

Comment le type peut-il se conserver, puisque le sexe change fréquemment d’une incarnation à une autre ?

Pas si fréquemment que cela, chère amie. Dans ce cas, c’est le type principal qui persiste. Si l’Esprit a été souvent homme et, un jour, a voulu savoir ce que c’est que d’être femme, c’est un incident sans importance, et il reprendra ensuite son type d’homme. Puis, le type peut se prêter aux deux sexes ; que de fois voyez-vous des fils ressembler tellement à leur mère que leurs visages vous semblent presque identiques ?... Quand l’Esprit rencontre un ami, il reprend le type connu de l’Esprit rencontré, et la simple présence d’un ami connu le reporte à l’incarnation vécue ensemble. L’ami le voit tel qu’il l’a connu, et il y a aussi bien un effet de vision de la part d’un des Esprits que de réalité de la part de l’autre. IL y a toujours le type qui ne se perd pas, et les détails seuls sont de nature changeante, tant par le souvenir que par la vue des Esprits. Que de choses que vous ne pouvez concevoir et qui vous semblent impossibles, tandis qu’elles sont si simples pour nous ! Ce fait du changement de sexe n’est pas si fréquent qu’on le croit, on a une certaine attirance vers le sexe primitif, soit par des raisons de tendresse, d’amour, soit par des sentiments généraux sensitifs, soit par un besoin d’agir plus énergiquement dans une incarnation masculine. Si cette migration à travers les sexes était aussi répandue qu’on le dit, on ne remarquerait pas autant les êtres qui semblent avoir une âme virile dans un corps de femme, ou les caractères doux, pusillanimes, sensitifs, dans une enveloppe mâle. Ces anomalies sont des exceptions, et si, justement, elles sont remarquables, c’est parce que l’âme masculine enfermée dans un corps féminin est vraiment mâle depuis de nombreuses incarnations, et a une empreinte indélébile. Ensuite, il y a une chose positive, c’est qu’une fois à un certain plan, les sexes disparaissent, et que, précisément, il a fallu que les âmes sœurs, ou âmes épouses, soient séparées par un sexe différent en incarnation, pour se retrouver et se réunir en un entier, qui est deux âmes en une seule, ou deux moitiés d’âmes réunies en un entier. Là, je vous attends : vous allez dire que vous ne comprenez pas, et ces choses sont, en effet, incompréhensibles pour les incarnés, c’est pourquoi je ne vous en parlais pas. 

Pouvez-vous vraiment vous montrer à volonté comme de simples lueurs on comme des formes ?

Vous pensez bien que se promener dans l’au-delà pour y être accosté par un tas de gêneurs, serait fort désagréable. Il y a des êtres qu’on souhaite vivement ne jamais revoir, même au delà de la terre des raseurs, des imbéciles, enfin des tas d’individus qu’on évite chez vous en fermant sa porte et qu’on n’éviterait plus chez nous...! Ce serait infernal, et, vraiment, on aurait échangé une vie désagréable contre une insupportable ! Du moment que l’Esprit est simplement une lumière, il échappe aux gêneurs et passe incognito à travers une foule d’autres lumières et d’autres Esprits. Mais, qu’il veuille se faire reconnaître !... il a immédiatement à son service ce que vous appelez l’idéoplastie qui lui permet de se reconstituer véritablement dans la forme évoquée par lui, mais qui est très embellie et idéalisée par la disparition du corps charnel. Seul, le corps périsprital subsiste, et celui-ci est beaucoup plus beau que l’enveloppe matérielle. Selon le désir de l’Esprit, ce corps périsprital n’est qu’une lueur, une lumière quelconque, ou, au contraire, il se reconstitue dans sa forme. La reprise de la forme étant volontaire, on peut s’en revêtir, Si on le désire, et beaucoup d’Esprit, circulent ainsi, tandis que d’autres effacent cette forme.

C’est comme cela que se retrouvent ceux qui se cherchent ?

Oui, et le simple souvenir évoqué, le simple désir de se retrouver, remet en présence ceux qui en ont envie. 

Devient-on de suite plus intelligent là où vous êtes ?

On devient très vite, on comprend très vite. La réponse à faire vient tout de suite, sans effort vous verrez.

Tous deviennent ils plus intelligents ?

Oui. C’est-à-dire qu’on a la liberté de toutes ses facultés acquises ; on les possède très bien, et sans l’intermédiaire des sens humains, qui sont une entrave de lenteur.

Est-il vrai que « la conservation de la mémoire serait, au point de vue matériel, le phénomène le plus incompréhensible de la réincarnation ? »

Non, parce que le cerveau n’est que le véhicule, le transmetteur des idées au plan physique. S’il en était autrement, comment se ferait-il qu’un somnambule puisse dans la période d’extériorisation, aller prendre connaissance des choses vues dans l’astral, choses dont il ne se souvient que s’il est plongé de nouveau dans le sommeil somnambulique ? Si ce qu’il voit, extériorisé, était rapporté an cerveau matériel, le souvenir persisterait. En arrivant dans l’au-delà, on se souvient des grandes lignes des vies passées, mais, comme la nouveauté de l’avenir nous attire toujours, ce rappel du passé est un livre qu’on feuillette peu souvent et sans intérêt.

Plusieurs prétendent que les Esprits n’ont pas, dans l’au-delà, acquis un atome de science, et n’ont rien gagné en élévation morale ?...

Ce n’est pas vrai. Rien que la dématérialisation est déjà une raison d’avancement moral. Puis, nous pouvons vous instruire sur la sphère qui vous est inconnue et que nous connaissons très bien, puisque nous l’habitons, et c’est déjà un enseignement qui n’est pas à dédaigner. Nous nous perfectionnons par la réflexion qui nous porte à juger les choses sans colère et sans indignation, parce que nous les voyons de haut. Nous apprenons, en regardant s’agiter le monde terrestre, à mépriser toutes les petites vanités, les exigences, la domination et à les apprécier à leur juste valeur. Enfin, nous recevons des instructions d’Esprits très élevés ; nous assistons à leurs conférences, nous prenons par à leurs travaux.  Nous, n’avons pas à lutter, c’est vrai, mais nous avons la paix et le repos nécessaires après la lutte terrestre. Nous agissons comme les anciens gladiateurs après le combat, nous faisons panser nos plaies et nous apprenons à juger. Nous tirons parti de tous les actes qui ont formé notre existence passée, et nous entrevoyons un progrès qu’il eût été peut-être difficile d’acquérir si nous n’avions pas quitté la terre. 

Nos moindres fautes deviennent-elles, dans l’au-delà, une cause de regrets incessants ?

Non. Cette conception sent encore les religions dogmatiques. Etre bourrelé de remords, déchiré par les regrets, constituerait un état passif et nuirait à l’avancement des Esprits. Lorsque nous arrivons dans l’au-delà et que le passé se déroule rapidement devant nos yeux, mettant à nu nos fautes et nos responsabilités, nous commençons par avoir le regret que comporte la certitude de n’avoir pas toujours et en toute occasion accompli notre devoir, de nous être retardés sur la route du progrès, mais, presque immédiatement, cette vision est suivie de celle des existences passées alors, nous examinons, nous comparons, nous nous rendons compte du chemin parcouru et de celui, encore plus considérable, qui reste à parcourir. Autour de nous, nous voyons des Esprits de la même catégorie que nous, mais nous en voyons d’autres beaucoup plus élevés, plus lumineux, et ceux-la nous redonnent du courage ils nous font comprendre la nécessité de ne pas aller trop vite afin d’avancer plus sûrement ils nous font entrevoir notre vie telle qu’elle doit être comprise dans l’au-delà, et nous engagent à mettre à profit le temps de l’erraticité. IL ne faudrait pas croire que nous sommes inactifs !... Non, que nous ayons à reprendre la vie sur terre ou que ce soit sur une autre planète, il y a un postulat très nécessaire et qui nous oblige à une constante attention, à un incessant souci de bien faire et de préparer notre âme en vue de la lutte future qu’elle subira dans l’incarnation qui lui sera dévolue.

Cette activité demande du courage, et le courage est le propre de ceux qui ne sont pas désespérés, comment donc L’Esprit plongé dans les larmes des regrets stériles pourrait-il faire ce travail si nécessaire ? Vous semblez plaindre infiniment les Esprits qui, comme vous dites, rentrent dans la chair et recommencent une existence humaine, avez-vous gardé le souvenir de vos terribles souffrances dernières ?

Non, on oublie les souffrances du corps à mesure qu’on s’élève au-dessus de la matière, parce que le souvenir même de la souffrance en serait une.  Mes amies, je suis heureux de vous avoir retrouvées, comme un Esprit .

Les Esprits peuvent-ils donc être plus heureux que nous ?

Oui, certainement. Un Esprit peut être beaucoup plus heureux que vous, car toutes vos peines et vos souffrances sont les conséquences de votre condition terrestre, des obligations matérielles et de l’enchaînement à votre corps. Supprimez de votre existence charnelle le souci de chaque jour, les souffrances infligées par la planète, les mille désagréments contre lesquels il faut vous garantir, et vous serez beaucoup plus heureux, car tout ce qui vous entoure est élément de mort ou de souffrance, et votre vie entière se passe à vous défendre contre le froid, la chaleur, la faim, les éléments. Vous ne savez rien du lendemain, et, quand le présent semble vous sourire, votre âme agitée et inquiète cherche, dans un avenir incertain, les éventualités réelles ou chimériques du malheur suspendu sur la vie humaine en général, et dont vous craignez toujours la chute sur vos têtes.

Il n’est donc pas vrai que chaque homme doit passer par les deux états qui sont désignés sous les noms d’Enfer et de Ciel ?...

Ceci a une apparence de vérité en ce sens que notre domaine devant être habité par chacun des désincarnés, il y a cependant là des états différents, proportionnés à la somme de qualités ou de vices qu’on a emportés avec soi, et, le temps n’existant pas, il est facile à ceux que leurs défauts ont plongés dans une sorte de période ténébreuse, de se croire en Enfer, tandis que d’autres, morts dans la foi catholique et déjà plus avancés, ne voyant ni Dieu, ni Paradis, se croient en Purgatoire, puisqu’il est dit, dans le catéchisme, que la souffrance des âmes du Purgatoire est de ne pas voir Dieu. Là est la cause des communications orthodoxes reçues dans des milieux catholiques et émanant de leurs amis désincarnés. IL n’y a que ceux assez évolués pour se reconnaître qui comprennent que Purgatoire et Enfer n’existent pas, et, cependant, ces mots impropres et employés par les chrétiens sont faits pour designer des états qui existent parfaitement. Vous voyez que nous en revenons à une certaine analogie avec le langage catholique, et qu’il ne faut pas accuser de mensonge un prêtre désincarné qui, s’étant parfaitement rendu compte de l’erreur, répondrait cependant à cette question d’un médium : « Le Purgatoire et 1’Enfer existent-ils ? » par une affirmation. Il ne mentirait pas, puisqu’il se servirait de mots connus de ses interlocuteurs, pour leur parler d’un état existant dans sa forme mais non dans sa durée. 

 Il n’y a donc plus chez vous de division du temps en jours et en nuits ?

Si on se met dans l’aura de la terre, on a la division du temps comme vous l’avez, mais, si on monte plus haut, on n’a plus de nuits ni de jours ; on a une perpétuelle journée merveilleusement belle, et on est enivré par des sensations vibratoires infiniment plus raffinées que celles de la terre. Ne vous méfiez pas, vous serez satisfaite. 

Pouvez-vous vraiment créer les objets dont vous avez envie ?

Oui, c’est une projection de la pensée. La projection de l’image crée l’objet, on l’a réellement si on l’a en image. Mais ce n’est qu’une illusion ! Ce n’est pas plus une illusion que ce n’est une illusion de croire sur terre que vous habitez une maison et que vous êtes sur une chaise longue. Cette chaise longue est, vous le savez bien, un composé d’atomes qui se meuvent et se trouvent réunis par les vibrations générales.

Si l’on raisonnait ainsi, selon les lois de la physique terrestre, on serait épouvanté de constater que rien n’existe, et, cependant, vous jouissez des bienfaits de la matière, et, pour vous, ils existent réellement. Il n’est donc pas étonnant que lorsque vous serez Esprit vivant dans une atmosphère différente soumise à d’autres lois physiques, vous puissiez jouir d’une matière appropriée au plan que vous occuperez, mais qui, pour vous, est une véritable fiction. Ce n’est donc vraiment pas le règne de l’illusion et du mensonge ? C’est de la réalité pour l’Esprit lui-même.

Comment voulez-vous réaliser la matière grossière sur un plan où votre matière n’existe plus, où aucune matière grossière n’existe ?... C’est impossible. Vous appelez cela illusion parce que ce n’est pas votre domaine, et nous, nous appellerions volontiers la terre le royaume des illusions, puis que rien n’y est parfait et que la matérialité y salit tout. 

Vous n’avez même plus de discussions là où vous êtes ? Ce n’est pas la même chose que sur terre.

Nos groupements sont sympathiques en raison de notre degré d’élévation, ce qui fait que plus nous sommes élevés, plus nous sommes heureux, n’ayant pas à souffrir par le fait d’Esprits moins avancés que nous..

Vous n’avez de sentiments hostiles contre aucun de ceux qui ont été mauvais pour vous sur terre ? 

Non, je ne déteste personne. Ce sera ennuyeux de ne plus avoir un sentiment un peu vif et franc ! Vous croyez ?... Détrompez-vous: on a une manière de considérer les non évolués qui ne peut inspirer que la pitié. Cela fait plaisir de les instruire et de les voir gagnés enfin par l’évidence de la vérité !...

Mais tous ne s’avouent pas vaincus ! Peut-on toujours voir les gens qu’on aime ?

Oui, toujours.

Et les indifférents ?

Hum…. Ils se retrouvent, si l’on veut.

Est-il vrai que « les désincarnés ne sont point liés à leur passé par ces formes, transitoires de sentiment qui sont le portage du mortel humain ?

 J’ai répondu à tout cela par avance lorsque je vous ai dit qu’on se créait une famille d’âmes et que quelques-unes de ces âmes évoluaient avec vous dans la succession des existences. Avec les autres, il y a des degrés différents d’affection, ce n’est pas parce qu’on aura eu tels Esprits comme père et mère qu’on devra les retrouver avec une joie immense, on les reverra avec un grand bonheur s’ils étaient des âmes sympathiques à la vôtre sinon, leur parenté aura été un simple accident, un instrument de vie, et c’est tout.

On rencontre donc là-haut même des gens auxquels on ne pensait guère ?

Oui, comme sur les Champs-Élysées. Votre monde ressemble bien au nôtre ! Beaucoup plus qu’on ne croit.

Mais tous ceux qu’on a connus ne sont pas dans un même lieu ?...

Non, cela dépend de leur degré d’avancement. Si l’on s’est aimé, on se retrouve toujours, car on évolue par groupes sympathiques, et remarquez que, très souvent, sur terre, les êtres tes plus parfaits sont des abandonnés, privés de toute affection terrestre, méconnus, bafoués, etc. Ce sont les derniers restés d’un groupe sympathique, et lorsqu’ils quittent la terre, c’est bien définitivement, pour aller retrouver les autres qui, les sentant mûrs et prés de la fin de l’épreuve, ne s’en inquiètent plus jusqu’au jour où ils viendront les rejoindre.

 a-t-on raison de dire qu’il y a, sur le plan invisible, des êtres sentimentaux féminins, et des êtres mentalement masculins ?

 Oui. Ce qu’il appelle le sentiment féminin ou masculin est une manière de designer un sexe qui n’est plus matériel. On parle de l’éternité de l’amour conjugal !... Oh, cela ne signifie absolument rien, parce que le vrai amour est un. Il peut y avoir des unions sur terre et ces unions n’être que de simples associations vers un but familial, mais chacun de nous a un être de choix avec lequel il échangera perpétuellement les sentiments d’amour unique qui n’ont rien à faire avec l’association dont j’ai parle plus haut. Appelez cet Ego âme sœur, si vous voulez. On ne la rencontre pas forcément dans chaque existence, et il est surtout rare de la rencontrer dans le mariage, car l’incarnation est une épreuve, et elle deviendrait une béatitude s’il s’agissait de la passer intimement uni à cette âme sœur qui est le plus parfait des compléments de toute âme. Au bout d’un assez grand nombre d’existences, pourtant, les Egos se retrouvent et vivent ensemble. Plus ils se perfectionnent et plus cette vie devient continue. On peut donc avoir été marié et n’avoir pas à retrouver avec joie celui ou celle à qui on a été uni sur terre.

Chaque être a-t-il une âme sœur ? C’est toujours un Esprit masculin et un Esprit féminin qui sont ensemble ?

Oui.

L’une de ces deux âmes peut-elle être beaucoup moins intelligente que l’autre ?

Non, c’est plutôt rare. En général, deux âmes ne deviennent âmes sœurs qu’au moment où leurs vibrations fluidiques sont égales, de là leurs mêmes affinités, leurs mêmes tendances. Ce sont, en somme, deux fluides de couleur différente mais de même transparence, qui s’unissent pour ne former qu’une seule nuance, laquelle devient harmonieuse et superbe. Les aptitudes de ces âmes sœurs peuvent être différentes : l’une, par exemple, sera très intelligente pour les arts, l’autre aura les sciences. C’est décourageant pour qui n’a ni l’un ni l’autre ! Oh, je prends des exemples.

La bonté compense-t-elle l’intelligence ?

Non, il y a un degré à atteindre, en bonté surtout, pour devenir âmes sœurs.

Elles ne sont pourtant pas parfaites ?

Non, puisqu’elles s’unissent pour compléter leur évolution ensemble.

Il faut, en un mot, qu’elles soient au même degré ?

Oui.

Quand une âme sœur est incarnée, elle ne sait rien de celle qui ne l’est plus ?

Mais, de là-haut, on aperçoit l’autre.

Tous ceux qui sont à un certain degré ont une âme sœur ?

Oui.

C’est, en somme, une récompense ?

Vous avez dit le mot juste.

C’est délicieux ?

Oui.

Quelques-uns ont-ils momentanément leur âme sœur sur une autre planète ?

Cela peut arriver. La vraie vie, c’est l’au-delà où l’on se retrouve toujours ; c’est le foyer où l’on rentre le soir se réunir, après une journée de labeur qui a dispersé tons les membres de la famille.

Qu’importe si le jour est rempli par telle on telle occupation, dans tel on tel milieu ?

On le passe en songeant à la réunion qui rassemble, le soir, tout le monde au logis. Ainsi s’écoulent les vies successives, courtes ou longues, heureuses ou malheureuses. Ce qu’elles sont importe peu, car, au fond de toute âme, la prévoyance divine a placé la croyance à l’éternel bonheur, à la grande réunion, et, sous tous les cieux, chez tous les peuples, dans toutes les religions, cette croyance au repos extra-terrestre a soutenu les âmes, en les engageant à être patientes et à espérer le soir paisible qui repose des luttes d’un jour laborieux. Restons sur cette douce et consolante pensée de la réunion finale.  En tous les cas, vous paraissez être bien heureux et n’avoir guère besoin de nous !...  C’est une erreur très fréquente chez les spirites de croire à notre puissance et de penser qu’ils ne peuvent rien pour nous. Vous êtes sur le champ de bataille des idées et avez des organes matériels pour vous manifester au monde physique, tandis que nous, il faut que nous trouvions tant de circonstances particulières pour nous manifester, et cette manifestation est, en général, si dépourvue de contrôle, que nous serions, sans vous, des infirmes spirituels dans le monde matériel.

Mais vous vous en moquez bien, du monde matériel !...

Non, parce qu’il faut qu’il évolue. Nous venons au devant de vous pour vous dire : « Nous sommes encore » et vous consoler, c’est une mission de bonté que nous remplissons. A cette assertion qu’il est plus logique que les Esprits prient pour vous que vous pour eux, je répondrai qu’il faut une union, un lien pour que la force spirituelle se matérialise en faits matériels ou physiques. Vous voyez bien que, pour obtenir notre communication, il faut la demander, et, pour certains phénomènes, se recueillir, se concentrer, afin de jeter le pont entre les deux mondes. Or, si nous prions pour vous, si nous vous désirons du bien, du soulagement, nous jetons vers vous notre puissance.

Mais, Si vous n’étendez pas les mains pour la recevoir, où ira-t-elle, cette puissance ?

Elle se dispersera et ne vous atteindra pas. C’est toujours le même principe de l’union entre la sphère terrestre et la sphère astrale — ce travail a besoin d’être fait des deux côtés à la fois pour donner un résultat appréciable. Nous avons déjà une grande difficulté à rendre effectifs sur le plan matériel nos pouvoirs spirituels faites la moitié du chemin et cela réussira. Les spirites de cette école se cabrent en pensant qu’on n’a pas besoin de demander !... D’accord, mais encore faut-il que nous puissions donner. Si on ne nous ouvre pas la route, nous ne pourrons pas arriver à votre demeure !

Tous les incarnés pourraient-ils, s’ils le voulaient, avoir des Esprits souvent présents parmi eux ?

Oui, il faut faire de nous des hôtes, et non des ennemis.

Est-il bien de dire que vous vous éloignez de ceux des incarnés qui ne vous appellent jamais ?

Ceux qui ne nous appellent jamais et ne pensent plus à nous créent autour d’eux une atmosphère irrespirable pour nous, et nous ne pouvons, à mesure qu’ils avancent dans la vie, pénétrer ce qui nous devient une obscurité complète ; c’est comme un endroit retiré, sans issue aucune, on tout s’obscurcit et s’épaissit.

Il n’est donc pas vrai que vous fassiez un sacrifice en venant vers nous ?

Non, c’est faux. Ce n’est vrai que pour une catégorie d’Esprits très peu avancés, qui, sortant de la terre, y demeurent attachés, et, par conséquent, restent an même point que s’ils n’étaient pas désincarnés. S’ils devaient toujours y rester, ils verraient encore les vilenies qui y existent, et leur imperfection elle-même les attirerait vers les gens inférieurs ; le contact qu’ils n’auraient nullement perdu leur permettrait de matérialiser trop leur périsprit et leurs sensations, et cela les empêcherait de progresser. Mais, pour ceux qui sont déjà avancés, c’est différent, ils ont déjà été plus haut, se sont instruits et perfectionnés, et leur mission ne peut entraver leur progression, ni être pour eux l’objet d’un sacrifice. Ils se sentent assez évolués pour ne plus craindre le contact et les exemples mauvais ; c’est comme ceux qui ne redoutent pas d’aller habiter dans un pays sauvage, sachant que leur civilisation les empêchera de devenir sauvages eux-mêmes.

Un Esprit désincarné depuis longtemps, comme vous, peut-il moins bien donner des preuves, par ce que beaucoup de souvenirs se sont perdus ?

Oui. C’est pour cela qu’on a toujours des preuves avec des nouveaux désincarnés et quand on commence à faire des expériences, alors qu’on interroge généralement ceux-là. Au bout d’un certain temps, les détails s’effacent et on ne peut plus affirmer sa personnalité que par l’ensemble du caractère, par l’ensemble de l’être disparu qui se garde toujours semblable à ce qu’il était autrefois.

Que dire à ceux qui prétendent que l’identité d’un Esprit est impossible à reconnaître ?

IL faut répondre que, d’abord, n’importe quel Esprit ne peut pas venir vous donner une preuve, parce que les Esprits ne sont pas autant au courant de la vie des mortels qu’on veut bien le dire. Puis, il y a une pierre de touche qui ne trompe guère.

Faut-il croire aux signatures de grands hommes de temps reculés, dons des communications d’ailleurs sérieuses ?

Non, il y en a d’apocryphes. Souvent, ce sont des envoyés, des disciples de ceux dont ils prennent le nom, c’est pourquoi ils se le permettent. Il vaut mieux ne pas reproduire ces signatures parce que beaucoup de personnes ignorent cette transmission, et s’étonnent à juste titre, comprenant que ceux qui ont quitté la terre depuis si longtemps n’y reviennent plus.

Est-il vrai que le périsprit disparaît si on ne doit plus se réincarner ?

Les périsprits se transforment pour la réincarnation sur des planètes plus perfectionnées. En attendant, ils peuvent généralement se manifester, je dis généralement, parce que, lorsqu’on est tellement élevé qu’on a perdu le contact avec la terre, on ne peut plus le faire. Supposez qu’on puisse circuler en aéroplane ou en ballon d’une planète à une autre…ou plutôt qu’il soit possible de tenter ce voyage ? Qu’arriverait-il ? On monterait longtemps avec la faculté de redescendre sur terre à son gré, mais, à force de monter, on atteindrait des espaces interplanétaire où l’attraction que l’aura des planètes exerce sur les corps fluidiques n’existe plus, et, à partir de ce moment, on ne pourrait plus redescendre. Puis, après des efforts inouïs, on franchirait cette zone pour pouvoir atterrir sur Mars ou sur Saturne. Eh bien, l’évolution des Esprits peut être comparée à cette supposition fantaisiste : tant que les Esprits sont dans l’attraction psychique de la terre, ils peuvent communiquer avec elle, mais si, à force de jeter du lest, ils arrivent à perdre leur point de contact, ils se trouvent privés de communications jusqu’à ce qu’ils aient pris les fluides d’un monde plus en rapport avec eux.

Si les Esprits n’ignorent aucun de nos faits et gestes, rien ne les empêche de prendre le nom d’un personnage désincarné quelconque et de nous faire croire qu’ils sont ce personnage, en nous fournissant sur son histoire et son caractère les renseignements les plus détaillés ?

Evidemment, vous êtes sur terre entourés d’une quantité d’Esprits qui ne demandent qu’à se distraire en venant causer avec les incarnés, grâce aux médiums qui leur servent de moyen. Mais ils ne sont pas, comme on le croit , si bien renseignés sur ce qui vous concerne ; ceci comporterait une science et une puissance de facultés qui n’appartiennent qu’aux Esprits élevés, et ceux-ci ne cherchent jamais à vous induire en erreur.

D’aucuns prétendent qu’un Esprit venant causer avec nous ne se souvient pas du tout de ce qu’il voit dans les régions de l’au-delà ?

C’est faux ; On se rappelle absolument le milieu qu’on a quitté incomplètement, du reste et nous conservons son souvenir aussi bien que, dans nos sphères, nous conservons le souvenir de ceux que nous avons devancés et qui sont encore incarnés.

Il n’est donc pas exact que « les Esprits ne peuvent avoir une perception directe de notre monde ?

Non, il y en a qui voient très nettement, d’autres qui voient mal, et d’autres pas du tout. Nous voyons, mais pas tous de la même façon. Nous voyons surtout les choses vivantes, les hommes et les animaux. Quant aux autres objets, nous les voyons moins nettement nous avons besoin, pour cela, de nous rapprocher beaucoup plus de la terre, d’y reprendre des fluides, de faire une sorte de travail que tous ne peuvent accomplir d’une manière absolument nette. Quelques Esprits, restés voisins de la terre et qui se retrempent facilement dans les fluides, voient nettement les objets, mais ceux qui, comme nous, ont déjà beaucoup évolué, voient l’ensemble et ne peuvent quelquefois bien voir les détails.

Vous dites que les Esprits inférieurs sont, en majorité, autour de la terre, quelle est donc la place des guides ?

Je ne vois ici aucune contradiction. En effet, les Esprits inférieurs se tiennent près de la terre, car ils ne sauraient s’élever beaucoup, et leurs attaches matérielles, leurs vices, les rappellent encore sur la planète qu’ils ont quittée et où ils espèrent retrouver les facultés perdues par la mort, et les quelques joies bien pâles qu’ils ont goûtées pendant leur existence. Tout les incite à y demeurer, et, bien qu’ils ne puissent reprendre la vie, ils cherchent à en apprécier encore les jouissances. Quand aux guides, ils se tiennent plus haut, et vous faites erreur en pensant que les Esprits guides ne peuvent pas s’occuper des incarnés et les protéger sans partager leur vie et résider sur la terre. Ce serait, croyez-moi, un état bien pénible et qui enlèverait à ces Esprits toutes les joies qu'ils ont le droit de goûter, et qu'ils ont gagnées par leur perfectionnement, car être Esprit guide prouve déjà un certain avancement et appelle à une élévation assez grande pour que le voisinage de la terre soit plutôt une gêne et une souffrance. Les guides n'ont donc nul besoin de séjourner sur terre, ils surveillent leurs protégés de loin, mais leurs sens extra-terrestres sont si parfaits qu'il n'est pas nécessaire pour eux d'être très rapprochés de la terre pour entendre, voir, sentir. Leurs facultés traversent l'espace sous forme d'intuitions, sous forme fluidique, et viennent trouver ceux auxquels elles s'adressent, et, alors même que des médiums voyants aperçoivent les guides, c'est une illusion d'optique de les croire aussi voisins, ils sont bien là, en effet, mais ils y sont plutôt en image qu'en réalité, et, si le médium les voit, c'est qu'il se transporte entre les deux mondes, et qu'empruntant à l'au-delà de nouvelles facultés, il peut percevoir l'image astrale qui se répercute sur le plan physique.

Tous les Esprits avancés sont-ils des guides?

Non, il y en a beaucoup qui n'en sont pas. Cela dépend de leurs aptitudes. Il y a des incarnés qui ont horreur du professorat et ne désirent nullement l'exercer dans l'au-delà, mais il y a assez de missions différentes pour que chacun puisse travailler à son avancement dans la voie qui le séduit.

Vous n'êtes pas un guide ?

Non, cela me.serait insupportable. Je préfère l'étude à la vulgarisation.

Un même incarné en a-t-il plusieurs ?

On n'en a qu'un principal, mais ce guide en a lui-même d'autres car c'est une grande hiérarchie que celle des Esprits et ce sont ceux-là qui décident en dernier ressort. Je parle du chagrin que doivent avoir ceux d'entre eux qui ne peuvent pas éviter une catastrophe à ceux qu'ils aiment ici-bas ! Oui, c'est triste, mais nous voyons le but et il est si beau que le chemin qui y conduit perd de son horreur. Les incarnés apportent peu d'attention à la poupée cassée de leur fillette, parce qu'il leur semble que les larmes versées pour une semblable vétille sont bien puériles et qu'il faut les garder pour des sujets plus sérieux, cependant, l'enfant souffre réellement, et son chagrin est aussi grand que le sera celui de sa mère si elle vient elle-même à perdre sa fille. Eh bien, si l'incarné n'attache aucune importance au chagrin de l ' enfant, cela ne l'empêche pas de l'aimer très tendrement ; ainsi en est-il des Esprits très évolués : la distance qui les sépare des fluides de la terre les sépare, pour ainsi dire, de cette pensée que les attardés souffrent réellement, et ils se disent que ce sera si court et de si peu de valeur que l'âme ne peut qu'en bénéficier. C'est une erreur de croire que la spiritualité empêche de souffrir, car, si cela était, ce serait un malheur que d'être médium, puisque cela supprimerait tout le mérite d'une existence vaillamment acceptée, et cela enrayerait le progrès qu'on attend et pour lequel on a consenti à souffrir. La spiritualité est seulement une  consolation aux peines physiques et morales qui sent le fardeau des terriens, et, si l'on se considère comme privilégié d'être médiums il ne faut attendre de cette faveur qu'une force morale plus grande pour subir courageusement l'épreuve.

Comment se fait-il que vous puissiez guider un incarné sans connaître son avenir ?

Vous allez comprendre : guider n'est pas aplanir les difficultés et mener ceux qu'on guide vers le but certain de la vie, car, alors, où Serait Je libre arbitre ? Par conséquent, nous guidons par lés impulsions, et en faisant naître dans le cerveau de nos protégés plusieurs façons d'agir entre lesquelles nous leur laissons le choix, de même l' employé qui étale devant vous des étoffes mais nous n'avons pas la permission de les pousser absolument dans le chemin qui doit être le vrai, parce qu'il y aurait injustice et que, dans nos sphères, rien n' est injuste. Les guides sont beaucoup plus guides moraux, qu'autre chose ils laissent le libre arbitre à leurs protégés, et les avertissent seulement en cas de fausse route, mais ils ne sont pas toujours écoutés.

Etant donné ce que vous dites, que vous n'êtes que plus ou moins obéis, trouvez-vous que le mot guide soit bien en situation ?

Oui, parce que, si l'être humain que nous guidons nous obéissait, il serait véritablement conduit sagement par nous plus on est avancé, plus on se laisse guider facilement.

Est-il vrai que les Esprits peuvent lire dans notre pensée ?

Si vous faites appel aux Esprits et que, vous vous mettiez en communication avec nous, nous pouvons parfois lire dans votre pensée, mais nous ne lisons pas en dehors de l' appel spirite. En somme, il faut bien que nous puissions y lire autrement, il serait inutile de nous faire des questions mentales comme vous nous en avez fait parfois. La vérité est que ce que nous lisons est une synthèse de la pensée, mais que le détail est plus difficile à préciser, et que, pour cela, il faut un médium.

Dites-nous une fois si tous les Esprits peuvent voir ce que nous faisons et venir nous observer ? N

Non, pas les premiers venus, parce que les premiers venus sont assez grossiers et n’ont guère les facultés plus développées que de simples humains.

Ils voient plutôt les choses matérielles ?

Oui, plutôt, mais d'une manière confuse. Puis, ils ne peuvent pas non plus se transporter partout à leur gré. Ils sont vis-à-vis de vous ce que vous êtes par rapport à nous, vous ne nous voyez pas parce que votre matière est peu perfectionnée et différente de la nôtre, et eux ne vous voient pas, parce qu'ils n'ont pas encore acquis les sens qui leur permettent de vous voir et de vous entendre. Ils voient seulement les endroits qu'ils ont connus, et y reviennent fréquemment, de sorte que, si vous habitiez une maison où il y ait eu des décès, vous auriez probablement des visites d'Esprits ; c'est ce qui explique les maisons hantées.

Nous voyez-vous, oui ou non ?

Oui, excepté lorsque je suis en train d'écrire, parce qu'alors ma force fluidique étant concentrée sur le phénomène dont je m'occupe, il ne s'en dissout qu'une petite partie qui reçoit les sensations venant d'ailleurs, de sorte que, lorsque quelqu'un est tout près, nous le sentons, mais pouvons être induits en erreur et sentir également quelqu'un qui n'est pas encore là mais dont la pensée vient à notre rencontre.

Nous voyez-vous dans l’obscurité ?

Oui, encore mieux.

Pourquoi mieux ? 

Parce que vos rayons terrestres ne s'accordent pas très bien avec les nôtres, et que les nôtres, étant de nature phosphorescente, se manifestent mieux dans l'obscurité or, se manifestant mieux, ils nous aident à vous voir. 

Vous ne voyez clair que grâce à vos rayons ?

Oh non, mais nous voyons mieux, et plus nettement, avec nos rayons.

Les rayons du soleil ne vous servent donc à rien ?

Non, nous pouvons nous en passer en nous servant de nos propres rayons.

C'est notre double que vous voyez ?

Oui, surtout.

Vous dites « surtout »... Vous nous voyez donc aussi?

Oui, cela dépend des cas, des fluides volatilisés dans la pièce, et de toutes ces petites choses, qui entourent la médiumnité.

Qu'est-ce que l'ouïe des Esprits ?

L'ouïe des Esprits est une intuition ; c'est-à-dire que c'est une ouïe différente dans sa cause, mais non dans ses effets, de celle des incarnés.

En est-il de même pour la vue ?

Non, c'est autre chose. Il n'est donc pas vrai, comme certains le disent, que vous ne pouvez pas nous voir mieux que nous ne vous voyons ? Nous ne sommes pas du tout dans les mêmes conditions que vous, car, sans cela, nous ne pourrions pas venir à votre appel.

Comment vous y prenez-vous pour retrouver, ceux qu'on vous demande, quand vous ne les voyez pas habituellement là-haut ?

C'est quelquefois très difficile, et les incarnés ne comprennent pas suffisamment. Il faut procéder par attraction et rechercher les fluides semblables, comme des sortes de courants destinés nous mettre sur la voie. Souvent nous recherchons l'époque de la mort et nous voyons à quelle combinaison fluidique se rattache la désincarnation. Mais ces moyens ne sont pas rapides, et le plus sûr est de chercher quelqu'un qui connaisse l'Esprit évoqué.

Si l'Esprit vous est connu, comment faites-vous ?

C'est beaucoup plus facile : je cherche à influencer sa pensée et à le faire venir, de même que je me laisse guider également par mon désir de le joindre, qui est une sorte d'instinct semblable à celui d'un pigeon voyageur.

Pouvez-vous nous dire quelle est la réincarnation de certains grands personnages ?

Non, nous, ne sommes pas autorisés à dire ce que sont devenus les réincarnés, et les Esprits qui viennent, soi-disant, vous apprendre ces choses, vous trompent.

Ce qu'ils disent n'est-il pas quelquefois vrai ?

Quelquefois, mais c'est rare, car il s'agit toujours de personnalités marquantes, et on ne s'entendra jamais dire qu'on a été concierge ou balayeur. Ce qu'il en est, les guides le savent ou ceux qui vous ont connus, mais, s'il s'agit d'une personnalité marquante désincarnée, ils ne le disent généralement pas, car ce serait un mauvais service à rendre à l'incarné que de l'inciter à l'orgueil d'avoir été une valeur quelconque, et cela entraverait son progrès. On fait croire à bien des gens qu'ils ont été Marie-Antoinette ou un grand homme !... On se moque d'eux. La vie de l'au-delà est le règne de la justice et de la charité or, tous les êtres, sans exception, ayant eu, dans des incarnations plus ou moins reculées, des vies peu morales et peu édifiantes, ce serait monstrueux qu'il fût permis de connaître la punition des uns et des autres, leurs vies d'épreuves,  leurs résolutions, etc., etc. Cela ressemblerait à une vaste confession générale, et les rendrait très malheureux. Les vies de rachat doivent donc être ignorées. Si le souvenir a été enlevé à l'être humain, c ' est autant pour la charité envers ses semblables que pour la tranquillité de sa propre conscience, car le souvenir persisterait aussi bien pour ceux qu'on a connus que pour soi-même.

Un Esprit peut-il lui-même nous dire ses réincarnations ?

Cela le regarde, c'est différent. Il peut, s'il le veut, mettre le monde incarné au courant de ses résolutions, mais les autres Esprits ne doivent pas le faire. Songez donc que, s'il en était autrement, la terre serait un lieu de délices comparée à l'au-delà, car, sur terre, vous avez des portes pour vous enfermer, des pensées personnelles inviolables, des projets qui ne peuvent être jetés en pâture à vos ennemis, à vos détracteurs, à tous ceux, en un mot, qui seraient enclins à se jouer de votre malheur ou à se moquer de vous, et à vous humilier si vous admettez que, dans l'au-delà, la pensée est une chose ouverte à tous, que les actes, les résolutions, les projets, sont livrés à l'entendement public... c'est l'enfer que vous créez là ! Vous ne pouvez pas trouver naturel que tous les Esprits connaissent vos pensées les plus intimes, qu'ils soient au courant de tout ce qui vous concerne, dans le présent comme dans l'avenir, et qu' ils profitent de cette connaissance pour aller se communiquer sur terre aux groupes spirites où ils pourraient raconter tout ce qui vous regarde, amuser les gens mal intentionnés à vos dépens, et violer ainsi le secret de votre conscience !... Mais ce serait abominable ! 

Pourquoi les Esprits ne dévoilent-ils pas le vrai coupable dans cette affaire criminelle si mystérieuse ?

Parce que les rapports entre les vivants et les morts n'ont pas été établis pour simplifier la vie des incarnés, pour permettre aux juges de se croiser les bras et aux médecins d'attendre la révélation qui leur fera guérir leurs malades, pour apporter aux savants les découvertes sans qu'ils les aient cherchées, et pour faire naître le progrès sans qu'il ait été sollicité. Ce progrès serait, au contraire, une rétroaction, car il supprimerait l'étude, le travail, l'effort et le libre arbitre dont chacun doit user pendant la vie terrestre. Ce n’est pas tout : ou une loi est générale ou elle n’existe pas.

Pourquoi voudriez-vous que, seuls, ceux qui ont besoin des Esprits pour le bien et la justice soient éclairés ?

Etre médium n'appartient pas seulement aux humains évolués, et les indications que réclament les honnêtes gens pour faire le bien, seraient aussi facilement accordées aux criminels pour faire le mal.

La médiumnité ne devrait-elle pas devenir une faculté générale ?

Non et, même si elle était générale, les Esprits ne seraient pas davantage dans la possibilité d'éclairer ceux qui les interrogeraient. Le nombre des médiums existants est déjà assez grand pour qu'on puisse bien se rendre compte qu'ils ne sont nullement exempts des chagrins, soucis, et tribulations qu'ils écarteraient de leur route si les avertissements d'en haut leur étaient fournis. On a beau être très spirite, très dominé par l'idée de l'au-delà, si l'on est venu sur terre pour accomplir un effort, il faut bien en être capable, et ne pas revenir parmi nous sans avoir rempli son programme, et utilisé d’une manière profitable à l'âme son séjour ici-bas. Les humains s'occuperont de nous lorsqu'ils seront parmi nous, mais s'ils négligeaient leurs devoirs terrestres, sociaux, familiaux, etc., pour ne penser qu'à nous, ils seraient aussi coupables que les dévotes qui passent leur temps à l'église au lieu de raccommoder les vêtements de leurs enfants, de les surveiller, et d'être à leur foyer, pour y servir de compagne à l'homme qu'elles ont choisi ou pour y remplir les devoirs qui leur incombent.

 


«   »

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.