• Consultations sur RDV
  • Sans complaisance
  • A distance
  • A domicile
Accueil » Blog » Développement personnel spirit

Développement personnel spirit

Publié le 4 mai 2022 à 08:34

Développement personnel spirite : une voie unique ?
Quand on choisit d’embrasser la voie de croyance de la spiritualité, on comprend que la vie est évolution, que nous devons être meilleur petit à petit. Il s’ensuit des pratiques spirituelles en accord avec la philosophie spirite. Celles-ci sont de nature à nous faire vivre au quotidien les principes du spiritisme, en les confrontant perpétuellement à la réalité, en nous ramenant
sans cesse à des cas de conscience sur le passage de la théorie à la pratique. Un des buts
principaux du spiritisme est l’amélioration de l’homme. La plupart des personnes qui nous
entourent n’ont pas du tout en tête ce type d’objectif : s’enrichir, diriger les autres selon sa
propre idéologie, accumuler des biens, jouir de plaisirs, c’est ce qui préoccupe la plupart de
nos concitoyens à un niveau conscient ou inconscient. Mais le spirite, lui, a pour principal
objectif l’amélioration individuelle, la valorisation de son incarnation, c’est-à-dire son progrès
spirituel.
Quels sont alors les outils proposés par le spiritisme pour s’améliorer ? Citons quelques
moyens qu’on retrouve classiquement dans la littérature spirite :
- L’étude constante
- La réforme intime
- L’examen de conscience
- La prière
- La discipline
Il y a alors un énorme contraste entre les aspirations de nos frères et le programme spirite
pratique tel qu’il est souvent mis en avant. Si on propose ce discours à nos contemporains,
avec ces mots, nous nous mettons alors au degré zéro de la communication, risquant alors
de recevoir en retour un rejet net et franc.
Tous ces mots sont négatifs ou suggèrent l’austérité. Dans un monde de recherche du
bonheur, où on cherche à se développer, ces mots envoient un message à contre-courant
de la pensée dominante. L’étude renvoie à la scolarité, et quand on parle de travail scolaire,
on emploie une expression péjorative. La réforme intime suggère qu’il faut changer quelque
chose de négatif en soi. Ceci part du postulat que l’homme est mauvais, comme quand on
doit changer une politique délétère aux conséquences néfastes. Si nous parlons uniquement
de la forme, alors, cette communication n’est pas très enthousiasmante. Pensons aux
bouddhistes qui comme Socrate, postulent au contraire qu’à la base l’homme est bon, ce qui
n’est pas contraire à la philosophie spirite ! L’examen de conscience n’est pas une
expression bien meilleure. Passer un examen tous les soirs, ce n’est pas une perspective
enthousiasmante. L’auto-flagellation, la culpabilisation est sous-jacente à cet exercice. C’est
peut-être efficace, cela n’est pas l’objet de notre discussion, nous défendons seulement la
thèse que cela n’est pas une bonne façon de présenter les choses. La prière et la discipline
évoquent tout de suite des images d’austérité, de silence, de repli sur soi, de solitude. Ce
n’est pas comme ça que nous pouvons présenter positivement les pratiques spirites aux
personnes qui ne le connaissent pas.
D’ailleurs, revenons un peu sur les pratiques spirituelles des spirites eux-mêmes. Il est très
difficile de suivre un programme aussi exigeant au quotidien, si bien que beaucoup n’y
parviennent pas, se culpabilisent et souffrent d’une telle incapacité. Cela génère parfois
aussi des comportements extrêmes avec des périodes d’exaltation où les spirites peuvent
se forcer à cette discipline, se contraindre à agir en « bon spirite ». Bien entendu, après, la
« descente » est brutale, le naturel revient en boomerang avec une force violente, le ressort
se détend autant qu’il avait subi une ferme contrainte. C’est la chute, la relâche et le
dérèglement qui revient par un déséquilibre du comportement.
Nombreux sont les spirites qui sont en souffrance dans leurs pratiques spirituelles. Les
colorations catholiques mal recyclées font parler de culte dans le spiritisme, contre la
pensée de Kardec lui-même. Par exemple, on trouve au Brésil et de plus en plus en France,
le « culte de l’Evangile au foyer », bien  qu’aucun culte ne pouvait faire partie d’une démarche spirite. 

La situation est donc la suivante, l’offre de pratique spirituelle, certainement efficace pour se mettre sur le chemin de l’amélioration individuelle, n’est pas bonne sur le plan de la communication avec l’extérieur et peut engendrer de nombreuses frustrations chez nos contemporains de part le décalage avec notre société actuelle. Y compris chez les spirites, elle peut être problématique. Quelle est alors l’offre spirituelle avec laquelle nous sommes dans une sorte de concurrence ? quelles sont les activités proposées à ceux qui veulent suivre un développement spirituel ? il faut bien entendu inclure tout type de croyance, y compris l’athéisme.
Si on s’intéresse aux activités liées à l’augmentation du bien-être et au développement
personnel, on trouve :
- le yoga qui a connu un boom en occident
- les massages ayurvédiques
- la méditation pleine conscience ou pleine attention
- les marches méditatives
- les groupes de soutien
- les associations caritatives
- les stages divers et variés
Je ne saurais conclure que ces activités sont toutes positives pour l’amélioration
individuelle. Elles sont souvent enrobées de fausses croyances et dénuées de ligne philosophique claire et sûre.
C’est en terme de communication que je situe nous situons cette discussion. Dans ce domaine, la communication autour de ces activités est bien plus positive. Elle donne envie de s’engager, elle ne culpabilise pas et leur visée est clairement eudémonique. Pour résumer notre thèse, la communication spirite doit être à la hauteur de son message, c’est-à-dire grandement améliorée sous peine de rebuter le public et de décourager ses adeptes.
Nous n’avons pas de parcours spirite standard à proposer, c’est-à-dire des activités spirites
positives agréables et qui font vraiment progresser. Nous n’en avons pas vraiment besoin en
réalité.
Je propose plutôt aux spirites un discours d’ouverture aux activités diverses, mais avec
un regard éclairé par la philosophie spirite.  La philosophie spirite est un guide sûr qui évite de s’égarer. Si des spirites de culture catholique ont proposé des pratiques intéressantes, elles ne sont pas l’unique chemin de progrès spirituel.

Par contre, comprenez-bien que le dialogue en famille sur les valeurs de la vie
est essentiel. Écouter ce que chaque membre souhaite partager sur ses réflexions
intérieures est une bonne chose. Cela peut se faire à de multiples occasions, pourvu qu’on
ait compris l’intérêt de le faire régulièrement. Parler des êtres chers, formuler des pensées
positives d’espoir peut se faire à n’importe quel moment, à table ou en voiture. Il faut bien
comprendre et admettre que toutes les familles n’en sont pas au point où la réunion
hebdomadaire formelle est un appel intérieur puissant ou même simplement possible.
Admettons aussi que la formulation de pensées qui nous relient à Dieu à n’importe quel
moment est une avancée, même si elle n’est pas faite à un moment appelé « prière ».
Acceptons aussi que régler des problèmes de comportement tels que la colère, l’addiction
ou la dépression peut aussi passer par des consultations psychologiques. Il y a un grand
mérite à tenter de s’améliorer en commençant une thérapie. C’est une voie très positive que
les spirites doivent encourager en dehors des pratiques spirituelles classiques. Enfin, nous
disons aussi que le corps est un temple qui doit nous servir à accomplir notre travail sur
terre, qu’il mérite notre attention et notre soin. Prendre du temps pour renforcer sa santé et
son bien-être est une démarche spirite, même si les activités concernées n’ont pas
d’étiquetage spirite.
Nous le voyons maintenant plus clairement pour nous-mêmes Avoir des
pratiques spirituelles variées et expliquées  est possible pour tous ceux qui
veulent avancer. L’usage de certaines pratiques teintées de rigueur et d’austérité n’est pas
obligatoire.


«   »

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.