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Texte psychographié : sur les crimes

Publié le 25 avril 2022 à 08:11



Après avoir suivi pendant longtemps, de très près les criminels, après avoir maintes fois
défendu leur cause, je viens vous apporter aujourd’hui le fruit de mes études.
La plus grande faute de la Presse est d’insérer avec grands détails les crimes qui se
commettent. J’ai vu très souvent une lueur de joie sur le visage du criminel en apprenant que
les journaux s’occupaient de lui.
En relatant ces faits, la Presse engendre de nouveaux crimes. Les quotidiens sont à la portée
de tout le monde ; des enfants de douze ans lisent les journaux, ils s’inspirent de ces crimes,
ils les vivent, car, dans le passé, ils ont peut-être commis de tels exploits ; l’instinct mauvais
se réveille en eux et l’attentat d’un de leurs semblables devient leur préoccupation journalière.
Pourquoi voit-on passer en correctionnelle des enfants de douze ans. S’ils n’avaient pas lu les
faits mauvais relatés dans les journaux, peut-être auraient-ils suivi le droit chemin.
Il y a de sérieuses réformes à faire dans la Presse. Ces réformes ne se feront, en réalité, que
lorsque les directeurs de journaux et les hommes placés à la tête des hautes administrations
verront le nombre des crimes s’amonceler.
Ne vaudrait-il pas mieux que ceux qui ont du talent se servent de leur plume pour relever le
courage et écrire, en lettres d’or, tout ce qui ennoblit ? De tels écrivains feraient honneur à la
Presse, tandis que ceux d’aujourd’hui ne l’honorent guère. Il semble que l’on tienne à mettre
des insanités à la portée de tout le monde ; il semble que les hommes se plaisent à avilir
l’âme. La honte devrait s’emparer de tels écrivains et ils devraient rougir de leurs écrits.
Un réformateur qui prendrait sur lui de dire en public ce que l’on devrait faire et ce que l’on
ne fait pas, donnerait un exemple qui serait peut-être suivi par beaucoup. Il suffit de franchir
l’obstacle ; ce sera dur, mais cependant, je dois vous dire que cela arrivera.
Une société ne peut se perfectionner qu’à la condition que tous ses rouages se perfectionnent.
Alors les crimes diminueront, les causes à défendre seront meilleures ; le temps ne se passera
plus à juger des actes mauvais ; les annales civiques n’auront plus rien à enregistrer.
Ce jour là, les études littéraires et la philosophie tiendront, dans la Presse, une grande place.
Un siècle à venir enregistrera cela.


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