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La vie humaine, les âges

Publié le 25 novembre 2021 à 10:20

La vieillesse est la préface de la mort ; c'est ce qui la rend sainte, comme la veille solennelle que faisaient les initiés antiques avant de soulever le voile qui recouvrait les mystères.

La mort, c'est donc l'initiation.

 

Toutes les religions, toutes les philosophies ont tenté d'expliquer la mort ; bien peu lui ont conservé son véritable caractère.

 

Le christianisme l'a divinisée ; ses saints l'ont regardée noblement en face, ses poètes l'ont chantée comme une délivrance. Cependant, les saints du catholicisme n'ont vu en elle que l'exonération des servitudes de la chair, la rançon du péché, et, à cause de cela même, les rites funéraires de la liturgie catholique répandent une sorte de terreur sur cette péroraison, pourtant si naturelle, de l'existence terrestre.

 

La mort est simplement une seconde naissance ; on quitte ce monde de la même manière qu'on y est entré, sans faire plus de bruit et selon l'ordre de la même loi.

Quelque temps avant la mort, un travail silencieux s'accomplit dans l'homme dont la destinée terrestre va toucher au terme. La dématérialisation est déjà commencée. À certains signes, on pourrait le constater, si ceux qui l'entourent n'étaient pas distraits par les choses du dehors. La maladie joue ici un rôle considérable. Elle achève en quelques mois, en quelques semaines, en quelques jours peut-être, ce que le lent travail de l'âge avait commencé. C'est le travail de « dissolution », dont parle l'apôtre Paul. Ce mot de « dissolution » est très significatif ; il indique nettement que l'organisme se désagrège et que le périsprit se « délie » du reste de la chair dont il était enveloppé.

 

Que se passe-t-il en ce moment suprême que toutes les langues appellent « l'agonie », c'est-à-dire le dernier combat ? On le pressent, on le devine.

 

Un grand poète mourant traduisit cet instant solennel par ce vers :

C'EST ICI LE COMBAT DU JOUR ET DE LA NUIT.

En effet, l'âme est entrée dans un état crépusculaire ; elle est sur la limite extrême, sur la frontière des deux mondes et visitée par les visions initiales de celui dans lequel elle va entrer. Le monde qu'elle quitte lui envoie les fantômes du souvenir, et tout un cortège d'Esprits

 

lui arrive du côté de l'aurore. On ne meurt jamais seul, de même qu'on ne naît jamais seul.

 

Les Invisibles qui l'ont connu, aimé, assisté ici-bas viennent aider le mourant à se débarrasser des dernières chaînes de la captivité terrestre.

A cette heure solennelle, les facultés s'agrandissent, l'âme, à moitié dégagée, se dilate ; elle commence à rentrer dans son atmosphère naturelle, à reprendre sa vie vibratoire normale, et c'est pour cela qu'à ce moment même, il se révèle, chez quelques mourants, des phénomènes curieux de médiumnité. La Bible est pleine de ces révélations suprêmes. La mort du patriarche Jacob est le type accompli de la dématérialisation et de ses lois.

 

Ses douze fils sont réunis là, autour de sa couche, comme une vivante couronne funéraire.

Le vieillard se recueille, et après avoir récapitulé son passé, ses souvenirs, il prophétise à chacun d'eux l'avenir de sa famille et de sa race. Sa vue s'étend plus loin encore : il aperçoit à l'extrémité des temps, celui qui doit un jour récapituler toute la médiumnité séculaire du vieil Israël : le Messie, et il le montre comme le dernier rejeton de sa race, celui qui résumera toute la gloire de la postérité de Jacob.

 

Aucun Pharaon, dans son orgueil, ne mourut avec autant de grandeur que ce vieillard obscur et ignoré qui expirait dans un coin de la terre de Gessen. Mais, revenons à l'acte même de la mort. La dématérialisation s'est accomplie, le périsprit se dégage de l'enveloppe charnelle, qui vit encore quelques heures, quelques jours peut-être, d'une vie purement végétative. Ainsi, les vies successives de la personnalité humaine s'en vont dans l'ordre inverse des progrès — selon lesquelles elles sont venues. La vie végétative qui avait commencé dans le sein maternel s'éteint, cette fois-ci, la dernière ; la vie intellective et la vie sensitive sont les deux premiers départs.

 

Alors que se passe-t-il ? Voici :

L'Esprit, c'est-à-dire l'âme et son enveloppe fluidique, et, par conséquent, le moi, emporte la dernière impression morale et physique qui l'a frappé sur la terre, et il la garde un temps plus ou moins prolongé, selon son degré d'évolution ; c'est pour cela qu'il importe d'entourer l'agonie des mourants de paroles douces et saintes, de pensées élevées, parce que ce sont ces derniers bruits, ces derniers gestes, ces ultimes images qui s'impriment sur les derniers feuillets du livre subliminal et de la conscience ; c'est la dernière ligne que lira le mort dès son entrée dans l'au-delà, ou plutôt dès qu'il aura conscience de son nouveau mode d'être.

La mort est donc, en réalité, un passage ; c'est une transition et une translation. Si nous devions emprunter à la vie moderne une image, nous la comparerions volontiers à un tunnel. En effet, l'âme avance dans le défilé de la mort plus ou moins lentement, selon son degré de dématérialisation et de spiritualisation.

Les âmes supérieures, qui ont toujours vécu dans les hautes sphères de la pensée et de la vertu, traversent cette obscurité avec la rapidité de l'express qui débouche en un instant dans la pleine lumière de la vallée ; mais c'est le privilège d'un petit nombre d'Esprits évolués : ce sont les élus et les sages.

Nous ne parlerons pas ici des criminels, des êtres animalisés, aux instincts grossiers, qui ont vécu ou plutôt végété toute une existence dans les bas-fonds du vice ou dans le cloaque du crime. Pour ceux-ci, c'est la nuit, et la nuit pleine de hideux cauchemars. Nous avons peine, cependant, à croire que les frontières de l'au-delà et le passage du Temps à la vie erratique soient peuplés de ces êtres effrayants que les occultistes nomment des Élémentals. Nous ne voulons voir là que des symboles et des images, reflets des passions, des vices, des crimes que les pervers ont commis ici-bas. N'envisageons ici que les vies ordinaires, les existences qui suivent tranquillement les phases logiques de leur destinée. C'est la condition commune de la plupart des mortels.

 

L'âme est entrée dans la sombre galerie ; elle y demeure dans l'obscurité ou plutôt dans une pénombre proche de la lumière. C'est le crépuscule de l'au-delà. Les poètes ont très heureusement rendu cet état et décrit ce demi-jour, ce clair-obscur du monde extraterrestre.

 

Ici, les analogies entre la naissance et la mort sont frappantes.

 

L'enfant reste plusieurs semaines avant de fixer la lumière et de prendre conscience de ce qui l'entoure. Ses yeux ne sont pas encore dessillés, non plus que le regard intérieur de sa pensée.

Ainsi, dans son entrée au Nouveau Monde, véritable seconde naissance, le nouveau-né à l'Invisible demeure, lui aussi, quelque temps avant de prendre conscience de sa nouvelle modalité d'être et de sa destinée. Il entend à la fois les murmures lointains ou proches des deux mondes ; il entrevoit des mouvements et des gestes qu'il ne saurait préciser ni définir. Entré à moitié dans la quatrième dimension, il perd la notion précise de la troisième, dans laquelle il avait jusque-là toujours évolué. Il ne se rend plus compte ni de la quantité, ni du nombre, ni de l'espace, ni du temps, puisque ses sens qui, comme autant d'instruments d'optique, l'aidaient à calculer, à mesurer et à peser, se sont refermés tout d'un coup comme une porte à jamais condamnée.

Quel état étrange que celui de cette âme qui tâtonne comme l'aveugle, sur le chemin de l'Invisible ! Et cependant cet état est réel.

C'est à ce moment que les influences magnétiques de la prière, du souvenir, de l'amour peuvent jouer un rôle considérable et hâter l'avènement de clartés révélatrices qui vont illuminer cette conscience encore endormie, cette âme « en peine » de sa destinée. La prière, dans ce cas, est une véritable évocation ; c'est le cri d'appel à l'âme indécise et flottante. Voilà pourquoi l'oubli des morts, la négligence de leur culte sont coupables et nous méritent plus tard des oublis semblables.

Toutefois, cette période de transition, cette halte dans le tunnel de la mort sont absolu ment nécessaires, comme préparation à la vision de lumière qui doit succéder à l'obscurité. Il faut que les sens psychiques se proportionnent graduellement au nouveau soleil qui va les éclairer. Un passage subit, sans transition aucune, de cette vie à l'autre, serait un éblouissement qui produirait un trouble prolongé. Natura non facit saltus , dit le grand Linné ; cette loi régit pareillement les étapes progressives de la destinée. Il faut que la vision de l'âme s'agrandisse, que l'oiseau  de nuit, qui ne peut fixer le lever de l'aurore, affermisse sa prunelle et puisse, comme l'aigle, regarder en face le soleil, de sa paupière intrépide.

 

Ce travail de préparation s'accomplit progressivement, durant la halte plus ou moins prolongée dans le tunnel qui précède la vie erratique proprement dite ; peu à peu, la lumière se fait, d'abord très pâle, comme l'aube initiale qui se lève sur la crête des monts, puis, à l'aube succède l'aurore cette fois-ci, l'âme entrevoit le monde nouveau qu'elle habite ; elle se lit et se comprend dans une lumière subtile qui la pénètre dans toute son essence.

 

Graduellement, toute sa destinée, avec ses vies antérieures et surtout avec la notion confidente et réflexe de la dernière, va se révéler comme dans un cliché cinématographique vibratoire et animé. L'âme, alors, comprend ce qu'elle est, où elle est, ce qu'elle vaut.

Les âmes vont d'un instinct infaillible dans la sphère proportionnée à leur degré d'évolution, à leur faculté d'illumination, à leur aptitude actuelle de perfectibilité. Les affinités fluidiques la conduisent, comme une brise douce, mais impérieuse, qui pousse une nacelle, vers d'autres âmes similaires, avec lesquelles elle va s'unir dans une sorte d'amitié, de parenté magnétique ; et ainsi la vie, une vie vraiment sociale, mais dans un degré supérieur, se reconstitue absolument comme autrefois ici-bas, car l'âme humaine ne saurait renoncer à sa nature. Sa structure intime, sa faculté de rayonnement lui imposent la société et la sociabilité.

 

Dans l'au-delà ne se reforment point les peuples, mais se reforment les familles, les groupes d'âmes, les cercles d'Esprits selon les lois de l'affinité et de la sympathie. Le purgatoire est visité par les anges, disent les mystiques théologiens. Le monde erratique est visité, dirigé, harmonisé par les Esprits supérieurs, dirons-nous. Ici-bas, parmi les élus du Génie, de la Sainteté et de la Gloire, il y a eu, il y aura encore et toujours des Initiateurs.

 

Ce sont des prédestinés et des missionnaires, des initiés qui ont reçu pour tâche de faire avancer le monde dans la vérité et dans la justice, au prix de leurs sueurs, de leurs larmes et quelquefois de leur sang.

Les hautes missions de l'âme ne cessent jamais. Les Esprits sublimes, qui ont instruit et amélioré leurs semblables sur la Terre, continuent dans un monde supérieur, dans un cadre plus vaste, leur apostolat de lumière et leurs rédemptions d'amour. C'est ainsi, comme nous le disions au début de cet article, que l'Histoire éternellement recommence et devient de plus en plus universelle ; que la loi circulaire qui préside à l'éternel progrès des états et des mondes se déroule sans cesse dans des sphères et en des orbes chaque fois agrandis, et que tout recommence en haut selon la même loi qui fait tout commencer en bas. Tout le secret de l'univers est là. Sous la direction de ces influences illuminantes et douces, les âmes évoluent dans le sens de leur ascension morale.

 

Celles qui ont manqué leur dernière existence, comprennent la nécessité de se réincarner et s'y préparent. Tout s'agite, tout se meut dans ces sphères toujours en vibration et en mouvement. C'est l'activité incessante, ininterrompue, progressive, éternelle.

 

Le travail des peuples sur la Terre n'est rien en comparaison de ce labeur harmonieux de l'Invisible. Là-haut, aucune entrave matérielle, aucun obstacle charnel n'arrêtent les élans, ne découragent ou ne ralentissent l'essor. Aucune hésitation, nulle anxiété, pas d'incertitude.

L'âme voit le but, elle sait les moyens, elle se précipite dans le sens où elle doit l'atteindre.

Qui nous racontera l'harmonie de ces pures intelligences, l'effort de ces droites volontés, l'élan de ces amours qui, cette fois-ci, sont vraiment plus forts que la mort !

 

Quelle langue ne pourra jamais redire la communion sublime et fraternelle de ces âmes qui tiennent entre elles des dialogues ardents comme la lumière, subtils comme les parfums, où chaque vibration magnétique a son écho dans l'âme même de Dieu ? Telle est la vie future ; telle la vie éternelle, et ce sont ces perspectives que la mort ouvre indéfiniment devant nous ! O. homme ! Comprends donc une bonne fois ton destin, sois fier et heureux de vivre, et ne blasphème pas la loi d'amour et de beauté qui trace devant ton âme des chemins aussi amples et aussi radieux ! Accepte la vie telle qu'elle est, avec ses phases, ses alternatives, ses vicissitudes ; elle n'est que la préface, le prélude d'une vie plus haute, où tu planeras comme l'aigle dans l'immensité, après avoir péniblement rampé dans un monde initial et imparfait.

 

Ce n'est donc point par un hymne funèbre qu'il faut accueillir la mort, mais par un chant de vie ; car ce n'est point l'astre du soir qui se lève, cruel, mais bien l'Étoile radieuse du véritable matin.

 

 

CHANTE, O AME, L'HYMNE TRIOMPHAL, LE MAGNIFICAT DU SIECLE NOUVEAU, DANS LEQUEL TOUT VA NAITRE POUR DES DESTINEES PLUS GLORIEUSES. MONTE TOUJOURS PLUS HAUT DANS LA PYRAMIDE INFINIE DE LUMIERE ; ET COMME LE HEROS DE LA LEGENDE D'EXCELSIOR, VA PLANTER TA TENTE SUR LES THABORS RADIEUX DE L'INCOMMENSURABLE, DE L'ETERNEL !

 


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